Mass Hysteria revient en 2007 à son meilleur niveau. Le groupe qui a marqué le métal hexagonal sur
album comme sur scène, est bel et bien de retour !
Vous avez dit "Furia" ?!
1995 : 4 mecs s’érodent les tympans à force d’écouter et de réécouter le son de la révolution métal US.
Prong, Helmet, KoRn, Deftones, etc. La France du rock à tendance bruyante s’éveille doucement et Le bienêtre
et la paix sera, en 1997, le premier acte d’un mouvement perpétuel. Pas de ceux qui ressassent et qui
tournent en rond, non. Plutôt du genre tsunami, la vague qui se nourrit sans cesse jusqu’à devenir énorme et
immanquablement dévastatrice.
La crête –puisqu’on en parle- atteint d’ailleurs déjà une dimension impressionnante en 1999 avec
Contraddiction. Le manifeste. L’album de métal français qui a ravagé le plus d’oreilles à ce jour. Ça fait mal
et pourtant on en redemande, surtout lorsqu’on se retrouve face à face avec le phénomène. Là, le sol
tremble, l’air gronde pour honorer ce mur du son, la vague engloutit tout sur son passage. Le live donc. On y
vient…
Pour beaucoup de formations, la scène est un besoin, une raison de vivre, l’accomplissement final, le
moment tant attendu de la rencontre et du partage. Mass Hysteria y trouve tout cela, mais plus encore :
quasiment un synonyme ou pour le moins une résonance harmonieuse à leur patronyme. Pour tous ceux qui
ont eu la chance de les voir dans leur élément, le verdict est imparable. La claque, inéluctable. Slayer, KoRn
et bien d’autres s’en rappellent encore. Depuis 10 ans et cela se confirme à chaque tournée, Mass Hysteria
est LA référence scénique en matière de rock énervé. Une couronne légitime qui les pousse sans cesse à
en faire plus. 4 ans s’écouleront alors entre De cercle en cercle en 2001 et Mass Hysteria en 2005. 4 ans
d’une tournée interminable, à la fois fiévreuse et dangereuse.
En 2005, le groupe évite le split. A trop en faire, l’essoufflement guette parfois. Le doute aussi lorsqu’il faut
bien se décider à reprendre le chemin du studio. La crise n’est pourtant pas pour tout de suite. L’éponyme
sert de mise à plat, de recommencement. Il ouvre aussi de nouvelles perspectives.
2 ans plus tard, MH est plus que jamais sur la brèche. Ces gars-là ont tout vécu, tout connu, tout traversé
toujours avec la même envie, la même hargne et la même passion. Indestructibles et prêts à se réinventer.
Sans Olivier parti avec AaRON, mais soutenu par un nouveau label, At(h)ome, plus en phase avec ce qu’ils
sont. Des musiciens passionnés, indépendants, vrais, fragiles aussi mais incontestablement sûrs de leur
force et de leur talent.
10 ans pile après avoir poussé son premier cri, Mass Hysteria nous livre ainsi Une somme de détails, son 5e
album. Un opus lumineux façonné par un parcours sincère et exemplaire devant lequel on ne peut que
s’incliner.
Et si à l’heure des politiques sécuritaires et des bouleversements climatiques, l’hystérie collective n’est pas
pour tout de suite -ni pour demain d’ailleurs- Une somme de détails va pourtant changer quelque chose.
Chez moi, chez vous, chez eux… tous ceux qui tendront l’oreille à cette perle bruitiste et consciente qui
sonne comme une promesse, une embellie ou un fol espoir balancé sans prétention dans une mer
décidément trop sombre et démontée. L’orage guette, mais l’éclaircie existe. Celle-ci en est une parmi
d’autres. Trop courte certes, mais tellement belle. En 13 titres et 42 minutes, MH nous fait headbanger sur
des riffs tranchants et aiguisés comme jamais, mais nous pousse toujours à lever la tête et à regarder ce qui
se passe autour. Plus dur, plus hardcore et plus tranché que les deux derniers opus, que ce soit dans le son
ou les paroles, Une somme de détails parle de haine (l’Occident déshumanisé sur Babylone, mondialisation
et politique sur Echec), d’amour (le divin et gracieux Briller pour toi avec Manue de Dolly composé en
hommage à Micka disparu le 25 mai 2005) mais surtout de liberté, d’égalité et de fraternité (L’espoir fou ou
Une joie Kamikaze). Une devise clairement malmenée ces derniers temps. Compacte, furieuse et énervée,
cette 5e pierre rend aujourd’hui l’édifice un peu plus magnifique. Si l’on ne peut atteindre la perfection, on
peut y tendre… MH s’en rapproche encore un peu plus.