Cessa Kiè la vérité !
Attention, le « wôyô » nouveau est arrivé ! le « wôyô », « l’ambiance facile », la marque de fabrique de Magic System. Le quatuor vedette de la chanson «Premier gaou », nous revient avec « Cessa kiè la vérité » , nouveau disque qui continue l’aventure d’ « Un gaou à Paris », de « Poisson d’avril « et « Premier gaou », autant albums que le groupe a sorti en Afrique puis en France, en propulsant ainsi dans le monde entier le zouglou, une musique typiquement ivoirienne créé par la jeunesse d’Abidjan. Très populaire dans toute l’Afrique francophone, le zouglou ne correspond à aucun terroir particulier C’est un style composite, urbain, où synthés, percussions ,voix lead et chœurs offrent le mix excitant de belles mélodies, rythmiques frénétiques et chroniques du quartier, maximes philosophiques et visions du futur .
« On a crié, rien n’a changé. On va bouger, bouger »(Bouger bouger avec Mokobé )
Avec ce « Cessa kiè la vérité », les gaillards sont décidés à nous faire tous « Bouger Bouger », en version originale ou à la manière du frère malien Mokobé du 113, déjà présent dans « Un Gaou à Oran » .
Les amateurs des nouvelles fusions urbaines zouk-latin-r&b-rap y trouveront de quoi faire la fête (Bouger bouger, Ambiance à gogo avec Brasco, Momo molo ). Les fans de zouglou ne seront pas décus : Neuf titres à l’ancienne, chantés en mina, baoulé, bété, bambara , gagou et français avec des textes bien ficelés. Asalfo, le compositeur du groupe, aime à présenter le Magic System comme un laboratoire où s’expérimentent les nouvelles potions musicales qui accompagnent les thèmes et les chansons qu’il écrit . Chacun ensuite participe ensuite à la mixture et se répartit les rôles. Ainsi va la formation : Les chœurs, particulièrement travaillés sur cet album, pour tous, Asalfo au chant lead, Tino, pour doubler la voix lead, Goudé à la percussion et Manadja pour la chorégraphie .
« C’est au pied du mur qu’on voit le vrai maçon » (Petit pompier)
Ces dernières années, pas de bonne fête de mariage en France, sans un « Premier gaou » pour ramener tout le monde sur la piste.
Double disque d’or avec ce premier tube, Magic System a parsemé sa route de bonnes rencontres et de nouveaux disques d’or, du duo enregistré avec Leslie à « Un Gaou à Oran « interprété avec les rappeurs du 113. Une carrière fulgurante qui inspire au groupe fierté, modestie et même quelques regrets, sans amertume, d’avoir été grugés à ses débuts . Pas résigné mais lucide, Magic System a compris l’intérêt de la défense des droits d’auteurs et fustige l’hypocrisie de nombreux acteurs de l’industrie musicale, victimes de la piraterie quand eux-mêmes ont contribué à la faire apparaître. Pour Magic System, le « pirate piraté », ce n’est qu’une nouvelle étape dans la longue galère de trop nombreux artistes africains pour lesquels seuls les concerts et prestations « live » rapportent la « fraîche ». Pour le reste, la lutte continue !
Souviens toi, quand on mangeait à crédit… (Dobéhi)
Ces jeunes héros du zouglou international sont en fait de vieux compagnons : une équipe qui se fréquente depuis l’enfance dans la commune de Marcory , à Abidjan qui fut longtemps la capitale musicale de l’Afrique de l’Ouest , des lycéens qui participent à ces groupes d’animation , d’ « ambiance facile » , toutes en voix et percus pour aller défendre les équipes sportives, faire des sorties festives, participer à des mariages ou baptèmes du quartier ou se retrouver tout simplement entre potes au clair de lune. Début des années 90, un nouveau mouvement musical se développe, le zouglou , lancé par les étudiants de l’Université d’Abidjan , création urbaine composée de rythmiques et mélodies empruntées aux nombreuses ethnies vivant en Côte d’Ivoire, le tout unifié par un discours revendicatif, à l’instar du rap dans d’autres contrées. Les Parents du campus, avec des personnalités comme Didier Bilé et Moses Dinko en seront les pionniers.
« Qui savoure le bonheur doit préparer le malheur »(Lion affamé)
Première cassette en 1996, » Papitou » puis « Premier gaou « en 1999, à une époque où le zouglou est en perte de vitesse sous l’avalanche du mapouka, la reprise corsée d’une danse côtière tradionnelle. « Premier gaou » raconte les aventures d’un gars délaissé par sa copine puis de nouveau courtisé lors qu’il a réussi, un type qui refuse d’être le gaou, le gnata (le niais) le pigeon dont on se moque. Cette petite histoire va de suite emballer le public ivoirien, gagner toute l’Afrique de l’Ouest, s’installer dans la communauté afro-caraïbéenne en France (avec un grand concert au zénith de Paris le 14 avril 2001), rebondir auprès d’un très large public à la suite du remix exécuté par Bob Sinclar. Nous sommes en 2002, « Premier gaou « en est donc à son troisième souffle et ce n’est pas fini car le public français va finalement s’enticher de la version originale : voici la route du tube tracée jusqu’au premier disque d’or, remis à l’Olympia en décembre 2002 tandis que » Poisson d’avril » restera ignoré et ressortira finalement sous un autre nom « Un Gaou à Paris »,titre de l’album et de la chanson qui fait suite à « Premier gaou «
C’est ca kiè la vérité(Virgin, 2005)
Après diverses collaborations réussies avec de jeunes stars de l’hexagone, « On n’sait jamais » avec Leslie et « Jusqu ‘au bout » avec Jocelyne Labylle, chanson produite avec Jacob Desvarieux . Magic System se pose en 2004 sur la nouvelle scène soul rap& roots francaise . Ce sera « Un Gaou à Oran », mix de musique orientale, rap et zouglou. Tournée de concerts en France, festivals en Europe et mitonnage de ce nouvel album pensé pour rendre hommage aux différents publics qui ont soutenu Magic System, d’içi et là, pour chanter plus que jamais, eux les spécialistes de la musique « pan-ivoirienne » , la paix et la réconciliation .
« Je veux que la paix revienne dans mon pays … »(Tikilipo, avec Alpha Blondy)
Ecoutez le reggae « Tikilipo « (la politique en verlan) interprêté avec le « grand frère « Alpha Blondy », « Bouger bouger », produit par Kore et Scalp , où il s’agit de danser mais aussi de ne pas se laisser aller lorsqu’il y il a problème, ou encore « Molo molo » pour calmer le jeu, référence à la situation explosive qu’a vécu la population de Côte d’Ivoire ces dernières années.
Magic System se veut le groupe fédérateur de la diversité culturelle de la Côte d’Ivoire, un creuset ou rythmes, langues et thèmes se mélangent pour perpétuer une expression urbaine , tour à tour bluesy, lyrique ou gouailleuse, le zouglou, que notre carré d’as revendique en regardant avec bienveillance les nouvelles danses à la mode comme le « coupé décalé» , mais ne pas confondre : « Zouglou c’est zouglou, y’a pas drap », comme on dit en nouchi (argot d’Abidjan).
« L’araignée doit tisser sa toile… « (L’aventurier)
En compagnie de Brenda Fassie , avec les fusions de leur arrangeur Olivier Blé , un nouveau genre est né ! le « zoulou-zouglou « sur le titre « Matiliso », conseil à une jeune fille de ne pas rester dans le giron de ses parents . Une chanson enregistrée lors de leur deuxième rencontre avec Brenda Fassie , en 2003, à Johannesburg, peu de temps avant le décès de la star sud-africaine adulée de toute l’Afrique.
Nos poètes du quotidien critiquent sans détours quelques maux de la société africaine, des expériences vécues. C’est « Amedjro », règlement de comptes à l’intention de ceux qui les ont dépossédé des fruits de leur succès des débuts , producteurs , maisons de disques aux comptes opaques et même journalistes qui ne vérifient pas leurs informations ! Souvenirs d’une période révolue car le groupe a appris à savoir »discuter »avec ses interlocuteur , dans le souci de maîtriser le plus possible sa carrière, ses choix artistiques et la rentrée de deniers.
Autre thème fort, « Lion affamé » , contre le vagabondage sexuel irresponsable en ces périodes de pandémie du sida .
Pour une histoire aussi poilante que « Premier gaou » , comme une suite à la croisade de Magic System contre les filles trop matérialistes, ce nouveau disque s’ouvre par « Petit pompier » où cette fois ci, la femme se sert du « matériel » qu’elle accumule avec son « financier » pour aller le dépenser avec son « gigolo » …Derrière un grand Homme…une dame de feu et encore derrière un petit pompier pour éteindre le feu » .
Reste la petite copine de quartier, la première , celle qu’on n’oublie jamais , la « Doubéhi »,la « coco chérie « dans une ode nostalgique(Doubéhi), où nos superstars poussent la complainte, chantant ne pas comprendre pourquoi des amis d’enfance les jalousent et s’éloignent d’eux, à leur grande tristesse.
Tant qu’ il y a la vie, on dit toujours il y a espoir .(Bouger bouger)