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Les origines de la bière remonte à environ 8000 ans av JC.
C’est en Mésopotamie (Irak) que les chercheurs ont découvert les premiers documents archéologiques sur les boissons fermentées à base de grains (4000 ans av JC). C’est l’antique civilisation sumérienne qui nous livre ces textes gravés en caractères cunéiformes sur des tablettes d’argile. Dont un poème en hommage à Ninkasi déesse de la bière ! Appelée Sikaru et fabriquée à partir d’orge, la boisson que consomme les sumériens est déjà un produit élaboré.
Ensuite la bière est adoptée en Egypte et devient boisson nationale (1500 av JC). Les céréales étaient broyées en farine. On y additionnait de l’eau pour former des pains que l’on cuisait au four. Les pains émiettés et mouillés fermentaient plusieurs jours. Le jus de fermentation était récupéré dans des jarres. Les égyptiens appelaient leur bière Zythum.
A la même époque, les chinois connaissaient également la bière. Techniquement plus avancé, ils fabriquaient une bière à base de millet, bien clarifiée et ayant achevée sa fermentation : le Tsiou.

De l’Egypte la bière passe à Rome et en Grèce.
Les civilisations grecques et romaines n’accordèrent pas la même faveur à la bière que les égyptiens. Elles vont être les premières cultures à se détourner de la bière au profit du vin (sang du Christ) dès le début de la chrétienté.
C’est pourtant sous l’influence de Rome que la bière fut introduite en Gaule au 1er siècle av JC via la péninsule ibérique. Les gaulois parlaient de Cervoise (Cérès déesse des moissons). La popularité de cette boisson étaitt due en partie à la crainte de la consommation d’eau par suite de manque d’eau potable. Aux gaulois revient le mérite de l’invention du tonneau. Les Germains adoptèrent la cervoise et en transmirent l’usage aux pays du nord qui en firent leur boisson exclusive après le 3e siècle ap JC.

Jusqu’au 9e siècle, la fabrication de la bière n’évolua pas. Elle resta au stade de la production familiale. C’est sous le règne de Charlemagne, que l’usage de la bière se répandit. L’intérêt que portait l’empereur à cette boisson y contribua largement.
Avec l’émergence du christianisme, les monastères deviennent les principaux centres de l’apprentissage et de la culture. Les moines s’intéressèrent alors au brassage de la bière et en viennent à améliorer la technique et les ingrédients utilisés. Deux innovations techniques majeures vont se développer dans ces monastères.
Premièrement l’introduction du houblon vers l’an mille, qui va progressivement remplacer toutes les herbes et épices utilisés jusque là pour aromatiser la bière. Le houblon sera même imposé par un édit de Jean Sans Peur, Duc de Bourgogne en 1435. Là est la véritable naissance de la bière (ainsi que celle du mot) avec un goût et une saveur stabilisée qui est devenue celle que l’on apprécie aujourd’hui. Deuxièmement la mise au point de la fermentation basse vers le 15e siècle.
Jusqu’à la fin du 12e siècle les moines régnèrent en tant que maîtres sur le commerce de la bière (monopole).
Au cours des siècles qui suivirent la brasserie s’organisa et chaque village eu sa brasserie publique. En 1259 apparaît le premier brasseur de métier.
Au début du 19e siècle les techniques de brassage sont encore presque identiques à celles du moyen age. Le brasseur produit en petites quantités pour une consommation locale. En quelques décennies tout va changer : la nature et le style de bières, les méthodes de production, la diffusion des produits et l’organisation économique de la profession. Découvertes technologiques et scientifiques vont se succéder en quelques années. Débute l’ère de l’industrialisation de la brasserie au détriment de la variété.
En Tchéquie dans la ville de Pilsen est inventée une bière de fermentation basse : la Pils. Procédée nécessitant d’importants moyens de réfrigération. Les brasseurs font venir neige et glaces des montagnes ! L’invention des machines frigorifiques à la fin du 19e siècle permet un essor considérable de la bière.
A la demande des brasseurs de la France du Nord, Louis Pasteur s’attelle aux fréquents accidents de fermentation. Il met alors en lumière les mécanismes de la fermentation alcoolique des levures et aussi la nécessité de protéger la bière de toute contamination infectieuse pendant sa production et son stockage. Il préconise une hygiène rigoureuse dans les brasseries et met au point la pasteurisation qui permet de conserver la bière plusieurs mois. (1876 traité sur la bière).
La bière blonde de fermentation basse (pils) s’impose rapidement auprès des consommateurs au point de devenir au 20e siècle la référence mondiale pour la bière.
Les guerres font souffrir les brasseries : les cuves en cuivre sont réquisitionnées pour supporter l’effort de guerre. On voit disparaître beaucoup d’entres elles.
Fin du 20e siècle, on assiste à une concentration de la production (rachat des petites brasseries par les plus grosses) et à la naissance de grands groupes brassicoles. La bière se standardise.
Mais depuis les années 70 (90 en France), un mouvement se fait jour pour redécouvrir les bières traditionnelles. De nombreuses brasseries artisanales s’ouvrent ne vendant leur production que localement comme au Moyen Age.
De nos jours la bière est consommée dans le monde entier. La consommation mondiale avoisine le milliard d’hectolitres et vient en deuxième place des boissons élaborées, juste derrière le thé.
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